Paroisse Saint Pierre des Bastides
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Information de Mise à jour "Information de la paroisse durant le Covid-19"

Information Covid-19

 

Vous trouverez sur le lien ci dessous la lettre de Mgr Aillet concernant l'information et les décisions prises concernant le Covid-19

Annonces Hebdomadaires

 

Dès à présent, retrouverez ci-dessous tous les week-end la feuille des annonces de la semaine ainsi que la feuille de célébration.

Actualités Covid-19

  

Vivre au mieux les célébrations de la Semaine Sainte et de Pâques.

 

Chères paroissiennes et chers paroissiens,

 

Nous vivons des temps éprouvants et difficiles....mais gardons courage et confiance !! Voici les indications adressées par la Conférence des évêques de France en conformité avec les Décrets de la congrégation pour le Culte divin (30 mars 2020) :

 

  1. Les églises habituellement restées ouvertes de notre paroisse seront ouvertes dans la Semaine Sainte du lundi au samedi de 10h à 17h pour permettre la prière individuelle.
  2. La Bénédiction des Rameaux sera faite lors de la messe des Rameaux (dimanche 5 avril) par le prêtre de la paroisse (sans l'assemblée). Les rameaux seront distribués lors de la première messe de sortie de confinement.
  3. Pour suivre les célébrations du dimanche des rameaux et du triduum pascal, vous pouvez les suivre par internet avec la retransmission en direct depuis la Cathédrale de Bayonne (site du diocèse).

 

Horaire de la Semaine Sainte et dimanche de pâques

 

 

Afin de vous permettre de vous unir « spirituellement » aux offices qui seront célébrés (sans assemblée) pendant la semaine Sainte, voici les horaires (qui restent ceux habituels de tous les ans) :

 

  1. Dimanche des Rameaux (05 avril) : 11h
  2. Jeudi Saint « Sainte Cène du Seigneur » (09 avril) : 19h
  3. Vendredi Saint (10 avril) :  
    1. Méditation du « Chemin de Croix » (personnellement)
    2. « Passion du Seigneur » : 19h
  1. Samedi Saint (11 avril), (Journée de prière et de recueillement)
    1. « Veillée Pascale » : 21h
  2. « Dimanche de Pâques » : 11h

 

 

 

 

Mot du Prêtre

 

Chers amis,

 

Bonjour à toutes et à tous.

 

 SILENCE HABITE

Nous voilà donc à vivre ce temps pascal exceptionnel. Le silence nous domine. La sauce est laissée se reposer. L’homme se tait. La nature se lève. Les machines sont réduites au mutisme. Les oiseaux chantent. Les voix éclatantes se calment. Le langage de cœur submerge de plus belle partout. En ces jours, contraint de me confiner comme tout le monde, j’ai l’occasion de réécouter attentivement un cantique connu en ma langue maternelle dont le titre est « Lang » (silence-attentif). La chanteuse interprétante vietnamienne, avec une voix limpide et rocailleuse, lâche ces mots pénétrants : « Silence, pour écouter le bruit des vagues qui mugissent au fond de nos cœurs ! Silence pour entendre l’agitation du vent qui entraine les souffrances du lendemain ! Silence pour entendre les larmes coulant des toutes vertes joues (très jeunes), pourquoi est-elle trop seule la vie pour laisser faner si jeunes ces cœurs? Silence pour écouter parler le Seigneur dans nos cœurs ! Silence pour entendre questionner le Seigneur : pour qui porte-je la Croix ? Silence pour entendre pleurer le Seigneur, pleurer quand nous sommes indifférents et douteux sur ses dons accordés ! Silence pour que nous le voyions marcher tout près à nos côtés ! Silence pour le voir souffrir encore plus que nous souffrons ! Silence pour le voir partager tant de nos peines sans nom, tu es toujours à mon côté, le sais-je Seigneur ? RF/ Pourquoi Seigneur ? Pourquoi m’as-tu abandonné à ma vie ballotée dans ces souffrances et tristesses cassant les cœurs ? Pourquoi me regardes-tu en silence en m’introduisant dans le silence afin de prendre sur moi comme toi tu l’es sur la croix ? » Ces paroles certes mélancoliques et profondes nous envoient à une autre force, à celle du silence, à celle du cœur aimant et attentif, à celle de la contemplation, celle de foi et de confiance, à celle aussi de l’épaisseur de la vie et de la vérité.

Il y a des vagues qui mugissent dans les cœurs, il y a des vents qui entrainent tant de souffrances du lendemain. Il y a des larmes coulant silencieusement sur les joues des enfants, il y a ce Sauveur dont la souffrance n’est pas partagée ! Il y a Quelqu’un qui souffre encore plus que nous ! Et puis il y a tous ces pourquoi, tous ces doutes, toutes ces souffrances, souffrances d’hier, souffrances d’aujourd’hui, souffrances du lendemain. Il y a aussi ce sentiment d’être tout seul, abandonné à soi, abandonné par quelqu’un de confiance ! Il y a la folie, la folie de ce monde ravagé par l’avidité des sous et de pouvoir, la folie qui rend vaniteux, aveuglé tant d’homme et de femme sous le drapeau de cet adage de « surhomme » et qui fait tant d’injustices.

Quand Dieu est grand dans un cœur il y a la vie et la sainteté, mais quand l’homme est supérieur il y a de domination et d’injustice ! Il y a cette folie qui bafoue tant de sans-voix et qui ravage la viabilité de cette Création sortie si belle de la main du Créateur. Silence ! Silence l’humanité aveugle ! Silence pour entendre tous ces cris ! Silence pour écouter la voix du Seigneur ! Silence pour comprendre ton orgueil et ton ambition et pour comprendre cette contradiction réelle et ironique : une toute petite bête, invisible à la puissance optique, ce machin est capable de décimer tout le monde ! Elle chasse ces prétentieux sauveurs du monde de la scène du monde. Elle réduit toutes ces agitations charnelles et passionnelles au mutisme. Elle est la puissance la plus forte, plus sournoise et plus contagieuse ! Elle est une part de la force aussi ancienne que le monde, une part de la force de la Nature.

N’est-ce pas un cri d’alarme qui sonne heureusement encore assez tôt? N’est-pas un mal dont on pourra tirer tant de leçons pour repartir plus sensé ? N’est-ce pas une force qui sert à rendre l’homme à lui-même, un être faible, pécheur et contingent ? N’est pas le moment de réentendre cette parole sacrée : « Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir. » (Lc 17,10). N’est-ce pas c’est bien Lui le maitre du monde ?

La fête des Rameaux est le début de la grande semaine de la vie chrétienne arrivent dans le silence ! Vraiment exceptionnel ! Voilà une vraie dépouille ! Un temps critique ! Un jeûne généralisé ! Une Passion ! Il nous manque cette année toutes ces célébrations somptueuses et priantes, toutes ces foules qui crient au jour des Rameaux comme celle de Jérusalem d’autrefois, Hosanna ! Béni soit le Fils de David !

Il nous manquera l’éclat de la Lumière de Pâques. Mais le Christ, cet innocent trahi, vendu, renié et livré au bois nous parle de plus belle dans ce silence. Silence pour le regarder réduit au silence devant la méchanceté du monde ! Silence pour triompher sur la haine et la vengeance ! Souvenons-nous de cette parole du Seigneur : « Passe derrière moi, Satan ! Tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » (Mt 16,23). Silence pour ne pas pacser avec les magouilles des desseins dévoyés de ce monde. Pourquoi ne parle-t-il plus le Sauveur quand Pilate lui lance cette question : « Qu’est-ce la vérité ? » ? (Jn 18,38). Oui, la vérité c’est Lui, lui est encore plus grand que toute interprétation linguistique aussi juste soit-elle de l’homme. La vérité c’est quelqu’un, c’est d’abord question de l’être, la vérité ontologique et non empirique. Quand l’homme est méprisé, quand l’homme est injustement condamné, quand les larmes coulent à l’insu de tous de ces joues des innocents, quand les sans-voix sont inaudibles, quand l’homme juste n’a plus de valeur, il n’y a plus de vérité, il n’y a que de théâtres et de mensonges.

N’oublions pas qu’il y a deux parties dans  la liturgie des Rameaux, cette année nous sommes privés de celle de l’entrée triomphale du Seigneur dans le Temple. Mais cette entrée festive sera tout de suite remplacée par le temps de la Passion, là où le peuple de chrétien debout, silencieux, n’entend plus d’acclamations exaltantes mais ce long récit de la Passion de Jésus Christ et se prosterne au moment où le Sauveur rend son dernier souffle. Bref il n’y a que le silence, ce silence d’adoration, ce silence de remords des pécheurs peut-être. Et ce qu’on appelle « Semaine Sainte », ces jours de silences commencent. Silence pour entendre couler de l’huile bénie signe de la tendresse et de la proximité de Dieu pour l’homme fragile et pécheur. Silence pour entendre la brisure du Pain de vie et le don du sacerdoce, la sonorité des vies toutes donnée, vies rompues pour la multitude. Silence pour entendre ces cris du Fils souffrant du Père éternel : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font !» « Femme, voici ton Fils !» « Fils, voici ta mère ! » « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » « Père, entre tes mains je remets mon esprit ! ». Silence pour percevoir le silence de la mort, là où seront réduits tous ces mortels de la terre et la force d’une vie toute donnée qui surgit dans la nuit de Pâques et qui sera source de toute espérance même celle de vie éternelle.

Et puis le gargouillement de l’eau baptismale, les visages illuminés des nouveaux baptisés et l’éclat visible de la lumière de Pâques nous manquent aussi ! Mais tout cela nous aurons à vivre cette année dans le silence ! N’est-ce pas que ce silence soit tout entier habité ? Essayons de le laisser habiter de sens, de confiance, d’amour et de la lumière de Celui qui est mort et ressuscité pour nous. Essayons de le vivre avec tous ces éprouvés de la pandémie : tous ces effrayés, tous ces contaminés et leurs familles, tous ceux et celles qui, jour et nuit et malgré le grand risque, sont en train de nous assurer le bon vivre et de quoi nous nourrir et soigner, tous ceux qui, dans notre paroisse, ont perdu, ces temps-ci, un proche dont les obsèques n’étaient pas célébrées en assemblées paroissiales, et surtout tous ceux et celles qui, jour et nuit, sont en train d’arracher toutes ces victimes du covid-19 des griffes de la mort, nos soignants.

 

Bonne fête des Rameaux et bonne Semaine Sainte à tous et à toutes !                   

 

L’abbé Jean.

 

 

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